02 septembre 2007

Hollande n'a rien compris

Voici ce que je lis dans l'actualité : "Le Premier secrétaire a de nouveau posé trois conditions à des alliances PS-MoDem: que ce dernier accepte le projet du PS, le rassemblement de la gauche et qu'il s'oppose à Nicolas Sarkozy."

Encore une fois François Hollande n'a rien compris : il voudrait bien travailler avec le MoDem si et seulement si celui-ci se ralliait à la gauche, et adoptait son sectarisme.

Quel aveuglement ! Surtout ne rien changer et attendre que les autres viennent vers vous ?! Ce n'est pas ainsi en effet que socialistes et centristes se rencontreront.

François Hollande ferait bien d'écouter les conseils de Michel Rocard, voire de Ségolène Royal, qui a une meilleure intuition que lui à ce sujet.

En ce qui me concerne, et je pense n'être pas seule, je ne pourrai travailler avec le PS qu'à trois conditions : qu'il cesse de prôner le rassemblement de la gauche, qu'il soit à l'écoute des projets centristes, et qu'il ne se cantonne pas à l'opposition systématique.

Je ne pense pas que le PS puisse survivre longtemps s'il suit la ligne actuelle de son premier secrétaire ; j'imagine en tout cas que de nombreux socialistes préféreraient travailler avec le MoDem qu'avec le PC ou la LCR. Pourront-ils rester longtemps dans ce parti ? C'est un pari bien risqué que fait François Hollande.

25 avril 2007

Le hara-kiri du PS

Finalement, je voudrais remercier Ségolène Royal, qui va réussir à précipiter la perte du PS.

Entre les partisans d'une alliance au centre et ceux d'une alliance à gauche, l'incompatibilité est évidente, et l'explosion inévitable.

Je prédis donc un prochain ralliement des sociaux-démocrates du PS à notre nouveau parti démocrate, dès que Ségolène Royal aura été battue. Et une amplification du vote centriste aux législatives, au détriment du PS.

Elle n'aura donc été portée au deuxième tour que pour permettre l'implosion du PS : belle réussite du "vote utile" !

Quant à sa stratégie actuelle pour espérer rallier les électeurs de Bayrou, elle va produire l'effet inverse de celui escompté : les électeurs du centre sont particulièrement sensibles au ridicule de celle qui reprend maintenant à son compte, mot pour mot, les propositions de leur candidat, après les avoir combattues.

La réconciliation, d'accord, mais pas avec l'extrême gauche !!

Et les électeurs de Royal ne vont plus s'y retrouver après les incantations au vote de gauche des semaines précédentes, elle se décrédibilise auprès d'eux également en cherchant à camoufler le vide de son programme derrière des stratégies aussi opposées d'un tour à l'autre.

Une certitude en tout cas pour nous : il faut continuer le combat pour les idées progressistes que nous défendons depuis toujours, nous allons très bientôt avoir un espace encore plus vaste qu'on ne pouvait l'espérer.

Merci François !

25 février 2007

Pauvre Ségolène

Pauvre Ségolène, obligée de recourir aux éléphants du PS pour, croit-elle, redresser la barre.

Réactions hier sur le marché de Bayeux : plusieurs personnes nous ont dit que ce geste les avait définitivement décidées à voter Bayrou.

Pourquoi tant de déçus du socialisme rejoignent-ils aujourd'hui François Bayrou ?

Justement à cause du discours idéologique réducteur tenu par le PS.

Et plus ils continueront à utiliser cet argument stupide :" Bayrou est de droite", plus ils continueront d'éloigner d'eux ceux qui attendent autre chose de la gauche qu'une caricature.

Pour ma part, je me réjouis de ce que cette stratégie va faire gagner François Bayrou, mais j'espère par ailleurs que le PS fera enfin son aggiornamento après les élections.

Je ne dis pas pour autant que le vote Bayrou n'est qu'un refuge, il y a au contraire une forte adhésion des nouveaux venus aux valeurs de l'UDF.

Aucun risque, donc, de reperdre les voix conquises, contrairement à ce qu'espèrent les éléphants.

Une nouvelle majorité est en train de se former, elle sera imposée par les électeurs, et bousculera les notables de tous bords.

28 janvier 2007

Ca soulage

Je sais : Bayrou a assez de bonnes idées pour qu'on ne perde pas son temps à polémiquer sur les autres candidats... Mais tant pis : comme disaient les Tontons Flingueurs, "je te dis pas que c'est pas injuste, je te dis que ça soulage !"

 Parlons un peu de Ségolène, alors.

J'ai beaucoup d'amis socialistes, et c'est très sincèrement que je les plains, et pas seulement pour eux : pour moi aussi. Car même si ce n'est plus "ma chapelle", je ne peux m'empêcher de trouver dommage, pour le niveau du débat démocratique qu'exige une élection présidentielle, que le candidat du PS soit si peu taillé pour "le job".

Bayrou gagnera - et il aurait gagné de toute façon : c'est le seul qui soit au niveau de notre histoire - mais faute d'adversaire à la hauteur, il lui manquera un peu de la gloire que ses qualités méritent. J'aurais préféré qu'il affronte DSK : ça aurait eu plus d'allure (Fabius, c'était franchement trop facile). Cela dit, il nous reste Sarko, mais il fait trop peur pour pouvoir vraiment nous faire peur.

Non, vraiment, le PS méritait mieux - et tous nous méritions mieux. Mais c'est aussi un peu de sa faute, quand même : le moralisme et le psychologisme compassionnels faciles qui lui tiennent lieu de discours politique depuis 2 décennies, ce jacklanguisme insidieux et permanent ("vivent les jeunes", "désir d'avenir", "quel scandale que la pauvreté et l'exclusion", "comme c'est triste le malheur des autres"…), son auto-satisfaction morale permanente (les gentils, les bons, les préoccupés-du-sort-des-autres, c'est nous) - qui n'a d'égale d'ailleurs que l'auto-satisfaction tout aussi mal placée de la droite en matière de compétence économique et budgétaire (les sérieux et les réalistes, c'est nous) - tout cela, toute cette superficialité, se paye aujourd'hui... comme hier.

Car à se situer sans cesse sur le terrain moralisant, le PS n'aura eu le choix finalement depuis 2 élections qu'entre le rigorisme strictement personnel, donc orgueilleux et vide, de Jospin, et le "maternalisme" de Ségolène, ce mélange de bonnes intentions dégoulinantes de sentimentalité, et de pratique autoritaire et dogmatique. Je crains que cela ne fasse très longtemps que le PS n'ait plus que des sentiments, et pas de pensée politique… et c'est normal : car la seule pensée rationnelle de gauche aujourd'hui dans le monde, c'est la social-démocratie, et le PS français ne s'y est jamais vraiment résolu.

Finalement, donc, je ne plains pas tant que ça le PS (que je ne confonds pas avec les hommes et femmes qui le composent) : il a joué depuis trop longtemps (comme Chirac), et au mépris de toute éthique de responsabilité, la carte démagogique du surf sur les vagues de l'opinion, des sondages et des images, du spectaculaire émotionnel et compassionnel, de la réaction émotive irréfléchie et immédiate, de la rhétorique du justicier et de la vindicte (toujours chercher des coupables, en judiciarisant toutes les situations politiques, économiques et sociales, en appliquant la représentation implicite du "tribunal" à toute la réalité collective), pour ne pas récolter maintenant, dans cette médiocrité et cette peoplisation ségoléniennes, le fruit de ses dérives.

Tant pis pour lui, et tant mieux pour nous.